L’énergie solaire est aujourd’hui l’une des énergies renouvelables les plus simples à valoriser chez soi. La lumière du soleil est disponible partout, les équipements sont devenus plus fiables, plus faciles à installer et leur durée de vie dépasse désormais vingt à trente ans. Les particuliers peuvent produire une partie de leur électricité, réduire leur facture, sécuriser une partie de leurs besoins en cas de hausse des prix de l’énergie et améliorer la performance énergétique de leur logement.
L’installation de panneaux photovoltaïques reste relativement simple. La taille de l’installation se module facilement en fonction de la surface de toiture disponible, du budget et des besoins : petite centrale de quelques panneaux pour l’autoconsommation partielle, installation plus importante pour couvrir une grande partie de la consommation, ou système dimensionné pour vendre l’essentiel de la production au réseau. Une fois installée et correctement raccordée, la production fonctionne presque sans intervention, en dehors d’un suivi régulier et d’un nettoyage occasionnel des modules.
Un panneau solaire photovoltaïque transforme la lumière en électricité grâce à des cellules électroniques. Ces cellules sont presque toujours fabriquées à partir de silicium, un matériau dit semi conducteur. Lorsque les photons émis par le rayonnement solaire frappent la cellule, ils libèrent des électrons qui créent un courant électrique continu. Ce courant est ensuite converti en courant alternatif par un onduleur pour alimenter les appareils domestiques ou être injecté sur le réseau électrique.
Les rendements des panneaux ont nettement progressé au fil des années. Les panneaux pour particuliers affichent couramment un rendement compris entre quatorze et vingt pour cent selon la technologie et la qualité de fabrication. En pratique, cela signifie qu’un champ de panneaux correctement orienté et peu ombragé peut produire plusieurs centaines de kilowattheures d’électricité par mètre carré de module chaque année, avec une production plus élevée au sud qu’au nord du pays.
Il existe trois grandes familles de panneaux solaires, qui se distinguent par la nature des cellules qui les composent, leur rendement et leur coût. Toutes reposent sur le silicium mais la structure du matériau varie.
Les panneaux à cellules monocristallines sont constitués de plaquettes issues d’un unique cristal de silicium. Ce matériau est très pur et offre le meilleur rendement. Dans le résidentiel, les panneaux monocristallins sont aujourd’hui les plus répandus. Leur rendement se situe généralement entre seize et plus de vingt pour cent selon les modèles. Visuellement, les cellules sont souvent de forme presque carrée aux angles chanfreinés, de couleur bleu très foncé ou noire, d’aspect uniforme. Les cellules étant fragiles, elles sont encapsulées entre une plaque de verre trempé et une feuille protectrice à l’arrière, le tout maintenu par un cadre en aluminium ou en matériau composite.
Les panneaux à cellules polycristallines sont élaborés à partir d’un bloc de silicium refroidi plus rapidement, ce qui crée plusieurs cristaux. La structure interne est moins régulière, ce qui entraîne un rendement légèrement inférieur, entre environ quinze et dix-huit pour cent selon les modèles. On distingue souvent à l’œil nu des reflets ou des nuances de bleu, liés à l’orientation différente des cristaux à l’intérieur de chaque cellule. Leur coût de fabrication est plus faible, ce qui permet d’obtenir une solution intéressante lorsqu’on dispose de surface suffisante de toiture.
Les panneaux à couches minces, parfois appelés panneaux amorphes, sont fabriqués en déposant une fine couche de silicium ou d’un autre matériau semi conducteur sur un support comme le verre, un polymère souple ou un métal. Leur rendement est plus faible, généralement entre sept et douze pour cent, mais ils présentent d’autres atouts. Leur comportement est souvent plus homogène par faible luminosité ou par temps couvert, ils peuvent être plus légers et se prêter à des applications spécifiques comme les membranes photovoltaïques pour toitures industrielles, les modules souples ou certains éléments architecturaux intégrés directement dans le bâti. Pour un particulier, ils sont surtout intéressants lorsque le projet nécessite une intégration particulière ou une solution légère.
La quantité d’électricité produite dépend à la fois de la puissance installée, de l’orientation et de l’inclinaison des panneaux et de l’ensoleillement local. À puissance égale, une installation orientée plein sud avec une inclinaison moyenne et peu d’ombres produira davantage qu’une installation orientée à l’est ou à l’ouest, ou située en zone très nuageuse. En pratique, une installation de un kilowatt-crête composée de panneaux monocristallins ou polycristallins et orientée de façon correcte peut produire de l’ordre de huit cents à mille trois cents kilowattheures par an selon les régions, avec des valeurs plus élevées dans le sud et un peu plus faibles dans le nord et le nord-est.
Cette production se met en regard des besoins du foyer. Une maison bien équipée peut consommer plusieurs milliers de kilowattheures par an hors chauffage électrique. Le choix entre autoconsommation avec ou sans vente de surplus et vente totale dépend du profil de consommation, de l’occupation du logement dans la journée, de la présence éventuelle d’équipements comme une pompe à chaleur, un chauffe eau électrique ou une recharge de véhicule. Un installateur qualifié ou un bureau d’étude peut proposer un dimensionnement qui optimise le taux d’autoconsommation et la rentabilité économique.
Le marché des panneaux solaires photovoltaïques a connu une croissance très forte. Les cellules cristallines monocristallines et polycristallines représentent la très grande majorité des installations destinées aux particuliers. Le silicium, très abondant dans la croûte terrestre, reste le matériau de base, mais il doit être purifié et cristallisé avec une grande précision pour atteindre les rendements recherchés. Le coût de cette étape a longtemps représenté une forte part du prix de revient d’une cellule. Les progrès industriels et l’augmentation des volumes de production ont cependant permis de réduire fortement les coûts tout en améliorant la qualité des composants et des procédés d’assemblage.
Parallèlement, les équipements périphériques ont gagné en fiabilité. Les onduleurs sont mieux suivis, certains modèles sont hybrides et gèrent à la fois la connexion au réseau et le stockage sur batteries, les systèmes de fixation se sont adaptés à de nombreux types de toitures, les solutions de monitoring permettent de surveiller la production et de détecter rapidement d’éventuels problèmes de performance. Les garanties proposées par les fabricants de modules incluent généralement une garantie produit d’une dizaine d’années et une garantie de performance sur vingt-cinq ans, avec un niveau de production minimal garanti à long terme.
Produire de l’électricité solaire chez soi présente plusieurs avantages. Il s’agit d’une énergie renouvelable dont la source est inépuisable à l’échelle humaine. La production ne génère pas de bruit, pas d’émissions locales de polluants atmosphériques ni de gaz à effet de serre en phase d’utilisation. L’installation augmente la valeur énergétique du logement, réduit la sensibilité aux variations du prix de l’électricité et peut, selon le choix du contrat, procurer un revenu complémentaire via la vente de tout ou partie de la production au réseau.
Les limites tiennent principalement à la variabilité de la ressource solaire et à la nécessité de disposer d’une surface de toiture disponible, correctement orientée et peu ombragée. La production est maximale en milieu de journée et beaucoup plus faible la nuit et en hiver. Sans stockage, l’électricité ne se conserve pas et doit être utilisée instantanément ou injectée sur le réseau. Le recours à une batterie améliore l’autoconsommation mais augmente le budget et la complexité de l’installation. Il convient également de prévoir le remplacement de l’onduleur au bout d’une dizaine d’années et de vérifier régulièrement l’état de la toiture et des fixations.
L’électricité photovoltaïque peut être combinée à d’autres usages solaires. Dans un même bâtiment, il est possible de coupler une installation de production électrique à un chauffe eau solaire ou à une pompe à chaleur, afin de couvrir une part du chauffage ou de l’eau chaude sanitaire avec une énergie locale. Certains projets vont plus loin en intégrant les panneaux dans l’architecture, en façade ou en toiture, de manière à valoriser à la fois leur fonction énergétique et leur dimension esthétique.
Pour un particulier, l’essentiel reste de bien définir ses objectifs, de faire étudier la faisabilité technique par un professionnel qualifié, de comparer plusieurs devis détaillés et de vérifier la qualité des matériels proposés. Correctement conçue et installée, une installation solaire photovoltaïque devient un équipement discret, fiable et durable qui accompagne la transition énergétique du logement pendant de nombreuses années.